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15.06.2010

"La quiétude des Saint-Gillois n’a pas de prix"

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Les "pour" l'appellent vidéo protection, les "contre" vidéosurveillance. Quoi qu'il en soit, ce sont 19 caméras, réparties sur 8 zones, qui filment depuis un mois environ, 24h/24, les principaux espaces publics de la ville.

Pourquoi ? Essentiellement pour lutter contre la petite délinquance (les dégradations de biens publics coutent chaque année 30 000 € aux contribuables) et le tapage nocturne selon le maire, Georges Vincent, qui a rendu visite à d'autres communes avant de prendre sa décision, et constaté l'effet dissuasif de ce type d'équipement, qui permet par ailleurs d'élucider un certain nombre de délits.

Comment ? Les 19 caméras filment en continu et à 380° les zones sur lesquelles elles sont installées, masquant automatiquement tout espace privé qui entrerait dans leur champ. Les images sont stockées dans une salle disposant de quatre écrans et sont conservées pendant une semaine; des écrans devant lesquels il est possible de poster un agent, ce qui n'est cependant pas à l'ordre du jour, excepté pour des évènements importants, tels la fête locale (un test a été fait à l'occasion de la mini-féria début mai). Le local est protégé par un code d'accès, détenu par le maire, le directeur général des services et le chef de la police municipale, police municipale qui pourra désormais être redéployée sur des secteurs non « vidéo surveillés », pour une meilleure efficacité des tournées aléatoires qu'elle effectuait déjà.

Combien ça coute ? 165 000 € au total, 60% pour l'équipement, 40% pour l'installation, et 15 000 € annuels de maintenance. Alors que le ministère de l'intérieur annonce dans un récent communiqué financer en moyenne 40% de l'investissement des communes, Saint-Gély a reçu à ce jour (une demande de subvention complémentaire a été demandée) 20 000 €.

L'Etat ferait-il le jeu des oppositions municipales ? De Gilles Frontin, pas hostile a priori au principe mais trouvant le dispositif exagéré au regard de la sociologie de la population et des incivilités constatées ? De Jean-Marie Lalande, plus radical, qui refuse catégoriquement le recours à de tels procédés, leur préférant une présence humaine renforcée ? Des oppositions qui, si elles divergent sur certains points, sont unanimes pour condamner le manque de concertation avec la population, l'absence totale de débat en conseil municipal, et un déficit de politique en faveur de la jeunesse ?

Devant le fait accompli, Gilles Frontin ajoute qu'il souhaiterait, a minima, que l'accès aux images soit mieux contrôlé, et pourquoi pas confié à un citoyen assermenté, comme cela se fait déjà dans d'autres communes.

Et après ? Georges Vincent n'envisage pas pour l'instant de poster en permanence des agents derrière les écrans, mais n'exclut pas de renforcer le réseau de caméras si cela s'avérait nécessaire, estimant que "la tranquillité des Saint-Gillois n'a pas de prix".

P1120513-.jpgEt s'il faudra sans doute attendre plusieurs mois pour commencer à mesurer l'efficacité de ce nouveau dispositif, ses détracteurs n'ont pas tardé à se manifester, une banderole affichant "souriez, vous êtes filmez" ayant été déployée à l'entrée de la ville durant le week-end de Pentecôte, ses auteurs semblant visiblement plus attachés à la polémique qu'au Bescherelle...